« Consulter les politiques ne signifie pas que les gens viennent vers vous », déclare-t-il avec gravité. « Vous pouvez aussi aller vers les opposants dans leurs bureaux respectifs pour les consulter, au nom de la cohésion nationale. » Un appel qui, au-delà de sa simplicité apparente, remet en question certaines habitudes enracinées dans les pratiques politiques locales, souvent marquées par une centralisation du pouvoir et une attente passive de l’adhésion.
À travers ses propos, Manix Iyenda invite à une redéfinition du leadership. Celui-ci, selon lui, ne se limite pas à la capacité de rassembler autour de soi, mais s’éprouve aussi dans le courage d’aller vers l’autre, surtout lorsque cet autre pense différemment, voire s’oppose ouvertement. « Un acte d’humilité peut convaincre vos adversaires », affirme-t-il, sous-entendant que le véritable pouvoir ne réside pas dans l’autorité imposée, mais dans l’audace de tendre la main.
Dans un contexte politique souvent dominé par la méfiance, les postures de fermeture et la peur de perdre la face, Iyenda propose un chemin radicalement différent : celui de l’ouverture, de la rencontre authentique et du respect mutuel. Une démarche qui pourrait, si elle est sincèrement engagée, amorcer un processus de réconciliation nationale durable.
Son appel s’adresse non seulement au professeur Eberand, mais aussi à toute la classe dirigeante : il est temps de sortir des palais, de descendre des tribunes, de quitter les certitudes, pour aller écouter les voix dissonantes là où elles se trouvent. Car c’est dans la confrontation respectueuse des idées que se forge la vraie démocratie.
Saddam Nalwey