Un exemple frappant est celui du port de Rotterdam, l’un des plus grands d’Europe. Contrairement à l’idée que seules les entreprises privées peuvent contrôler de telles infrastructures, la ville de Rotterdam détient 30 % des parts dans la gestion du port. Ce modèle de gouvernance locale permet non seulement d’assurer des revenus stables à la ville, mais aussi d’influencer les politiques économiques et d’aménagement du territoire en faveur du développement urbain.
Cette approche pourrait être transposée en RDC, où plusieurs villes disposent de ressources naturelles, humaines et stratégiques inexploitées. Kinshasa, Lubumbashi, Matadi, Goma ou Kisangani pourraient, par exemple, investir dans des secteurs porteurs comme les infrastructures portuaires, l’énergie, les transports publics, le numérique ou encore l’agriculture industrielle.
L’un des principaux défis du développement en RDC est la forte dépendance des communes et villes aux subventions de l’État central. Or, en adoptant une gouvernance proactive, les entités locales pourraient générer leurs propres ressources et financer elles-mêmes une partie de leurs projets de développement.
1. Investir dans des sociétés à haute valeur ajoutée : Les villes congolaises pourraient devenir actionnaires dans des entreprises locales et internationales opérant sur leur territoire.
2. Valoriser les ressources locales : Exploiter de manière durable les mines, forêts et terres agricoles sous la gestion municipale pour en faire des sources de revenus.
3. Développer des services publics générateurs de revenus : Création de sociétés municipales de transport, de distribution d’eau et d’électricité, et même de télécommunications.
4. Attirer des investissements privés : En créant des partenariats public-privé solides, les villes pourraient obtenir des financements pour des projets structurants.
Le passage d’une gouvernance passive à une gestion dynamique et entrepreneuriale nécessite un changement de mentalité chez les autorités locales. Plutôt que d’attendre les dotations de Kinshasa, les dirigeants communaux doivent innover et prendre des initiatives audacieuses pour assurer le développement de leur territoire.
Comme le souligne Manix Iyenda, l’argent ne tombe pas du ciel : il se crée. Et pour que les villes congolaises prospèrent, elles doivent apprendre à générer elles-mêmes leurs richesses.
Si Rotterdam l’a fait, pourquoi pas Kinshasa, Lubumbashi ou Matadi ?
Saddam Nalwey