Lors d’un point de presse tenu ce vendredi au Palais de justice, le ministre de la Justice ad intérim, Samuel Mbemba, s’est montré confiant : "Cette étape que nous venons de franchir préjuge dans une certaine mesure sur le fond. Si la requête n’avait pas été fondée sur des faits avérés, elle aurait été rejetée. Nous allons tout droit vers la condamnation du Rwanda", a-t-il affirmé.
Pour le ministre, cette reconnaissance par la CADHP marque une première victoire sur le plan national. Il a salué le rôle décisif joué par le président Félix Antoine Tshisekedi et son gouvernement, dirigé par la Première ministre Judith Suminwa. "Depuis plus de 30 ans, le Rwanda sévit dans l’est de notre pays dans l’impunité totale. Il fallait qu’un homme arrive pour faire face à cette situation", a-t-il insisté.
Mbemba a également évoqué la portée internationale de cette décision, qu’il qualifie de "signal fort" envoyé aux institutions continentales. Selon lui, la recevabilité de la requête témoigne d’un début de réhabilitation de la confiance des États africains envers les mécanismes judiciaires de l’Union africaine.
L’arrêt de la CADHP, rendu jeudi dernier, ouvre désormais une nouvelle phase de la procédure. Le Rwanda dispose de 90 jours pour formuler ses observations sur les accusations de violations des droits humains. À l’issue de cette période, la RDC aura 45 jours pour y répondre.
Outre cette procédure devant la CADHP, Kinshasa a également engagé des actions judiciaires contre Kigali devant la Cour de justice de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) et la Cour pénale internationale (CPI). Samuel Mbemba a également souligné les progrès réalisés par son ministère dans la résolution de contentieux économiques, notamment en neutralisant des litiges impliquant des réclamations financières jugées abusives à l’encontre de la RDC.
La décision de la CADHP pourrait représenter un tournant dans les relations diplomatiques très tendues entre Kinshasa et Kigali. En se déclarant compétente, la Cour donne une légitimité aux accusations de la RDC, et ouvre la voie à une possible condamnation du Rwanda pour son implication présumée dans les violences à l’est du Congo.
Dans les semaines à venir, tous les regards seront tournés vers la riposte du Rwanda et les prochaines décisions de la CADHP, qui s’annonce comme l’un des terrains majeurs du bras de fer judiciaire entre les deux pays.
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