À sa sortie, Kabund a exprimé des sentiments mêlés. D'une part, une profonde joie de retrouver sa famille et ses proches qui l'ont soutenu durant ces deux ans et demi de détention. D'autre part, une immense amertume face à ce qu'il considère comme une persécution politique de la part d'un régime issu des luttes démocratiques auxquelles il a consacré sa jeunesse aux côtés de feu Étienne Tshisekedi au sein de l'Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS).
Kabund déplore que le pouvoir actuel, né d'un combat contre 37 ans d'autoritarisme, reproduise les mêmes travers que ses prédécesseurs. Son arrestation en 2022 faisait suite à des déclarations critiques envers le président Tshisekedi, qu'il avait qualifié de "danger au sommet de l'État" lors d'une conférence de presse en juillet de la même année .
Sa détention avait suscité de vives réactions au sein de l'opposition et de la société civile, qui dénonçaient une instrumentalisation de la justice à des fins politiques. Son parti, l'Alliance pour le Changement, avait qualifié son emprisonnement d'injustice, soulignant que la grâce présidentielle aurait dû permettre une libération plus rapide .
La libération de Jean-Marc Kabund marque un tournant dans le paysage politique congolais. Ancien chef du parti présidentiel (UDPS), il est désormais perçu comme un opposant farouche au régime en place. Sa sortie de prison pourrait redynamiser l'opposition et influencer les futures échéances électorales en République Démocratique du Congo .
Cependant, cette libération intervient dans un climat politique tendu, où les voix dissidentes sont souvent réprimées. Le cas de Kabund illustre les défis persistants en matière de liberté d'expression et de respect des droits de l'homme dans le pays. Alors qu'il retrouve sa liberté, l'avenir politique de Jean-Marc Kabund reste incertain, mais son retour sur la scène politique pourrait redéfinir les rapports de force en RDC.
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