Selon le réquisitoire du parquet, lu en séance plénière par le rapporteur de la chambre basse du Parlement, le ministre Mutamba aurait conclu un contrat de gré à gré d’un montant de 29 millions de dollars avec la société Zion Construction, sans obtenir au préalable l’aval de la Première ministre, comme l’exige la procédure.
Le document judiciaire précise également que le ministre aurait ordonné le décaissement immédiat d’un acompte de 19,9 millions de dollars au bénéfice de cette entreprise. Cette somme provenait des indemnités versées par l’Ouganda à la République démocratique du Congo, destinées à compenser les victimes de la guerre de six jours à Kisangani, un conflit meurtrier qui avait opposé, en juin 2000, les troupes ougandaises et rwandaises sur le sol congolais.
Face à la gravité des faits allégués, l’Assemblée nationale envisage la mise en place d’une commission spéciale. Celle-ci aura pour mission d’auditionner le ministre de la Justice ainsi que le procureur général avant de se prononcer sur l’autorisation de poursuites. Cette procédure, encadrée par la Constitution, est obligatoire pour tout membre du gouvernement en fonction.
L’affaire suscite déjà une vive réaction au sein de l’opinion publique et de la classe politique, alors que le gouvernement se trouve sous pression pour démontrer sa volonté de lutter contre l’impunité et la corruption. Constant Mutamba, jusque-là silencieux sur ces accusations, devrait prochainement être entendu par la commission parlementaire.
Ce dossier marque un nouveau tournant dans la gestion des fonds publics issus des réparations internationales, et pourrait renforcer les appels à une transparence accrue dans les grands projets d’infrastructure du pays.
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