Selon les rapports d’audit de la Cour des Comptes et du Collège des Commissaires aux Comptes, la gestion d’Honoré Mulumba à la tête du FFN est marquée par une série de pratiques irrégulières, notamment :
- L’ouverture illégale d’une antenne provinciale fictive à Mbuji-Mayi sans l’aval du Conseil d’Administration ni celui du ministère de tutelle, entraînant une dépense de 16 500 dollars pour un site inexistant ;
- L’exécution de budgets non adoptés par les instances habilitées, en violation flagrante du décret n°09/024 régissant l’établissement public ;
- L’absence quasi totale de suivi et d’évaluation sur près de 5 millions USD alloués à des projets de reboisement, dont seuls trois sur plus de cent ont été effectivement contrôlés ;
- Un manque à gagner de plus de 7,7 millions USD causé par des rabattements de superficies déboisées sans contre-vérification ;
- Le financement de 83 ONG inéligibles pour un montant de 2,7 millions USD, et de 196 projets sans respecter les critères de sélection prévus dans le manuel de procédures du FFN ;
- La passation irrégulière de marchés publics sans appel d’offres, avec acquisition de véhicules vétustes et surfacturés ;
- L’enregistrement comptable douteux de plusieurs acquisitions, dont des véhicules sans plaques d’immatriculation ou justifications bancaires valables.
Ces irrégularités, qualifiées par certains d’“actes de prédation”, sont attestées par des documents officiels et auraient déjà valu à Honoré Mulumba une suspension de ses fonctions.
La décision du Conseil d’État de réhabiliter Honoré Mulumba est perçue par plusieurs observateurs comme une gifle aux principes de la bonne gouvernance et de l’État de droit, alors même que le gouvernement affiche une volonté affichée de lutte contre la corruption.
Des sources proches du dossier soupçonnent des manœuvres obscures ayant conduit à cette réhabilitation. Une somme avoisinant 300 000 dollars aurait été mobilisée en coulisses pour influencer la décision de la haute juridiction administrative.
« Il est incompréhensible qu’une personnalité dont la gestion est aussi largement décriée par deux organes indépendants soit remise à son poste sans même qu’il n’ait été blanchi », a déclaré un membre de la société civile environnementale, sous couvert d’anonymat.
Pour de nombreux analystes, cette affaire est symptomatique d’un mal plus profond : l’impunité des hauts responsables publics dans la gestion des finances de l’État. Le retour d’Honoré Mulumba au FFN jette un discrédit non seulement sur les mécanismes de contrôle interne, mais aussi sur l’autorité de la tutelle ministérielle, à laquelle l’intéressé aurait à plusieurs reprises refusé de répondre.
« Cette situation affaiblit la confiance des citoyens envers les institutions, et elle compromet gravement la vision du Chef de l’État en matière de gouvernance verte et transparente », déplore un ancien cadre du ministère de l’Environnement.
Face à cette réhabilitation jugée « maladroite » voire « scandaleuse », plusieurs voix s’élèvent pour appeler à une action rapide et concertée de la part de l’Inspection Générale des Finances (IGF), de la Police Judiciaire, du Parquet général, ainsi que des services de sécurité tels que l’ANR et la DGM. L’objectif : faire la lumière sur les motivations réelles de cette décision judiciaire, mais aussi prévenir de nouveaux détournements au sein du FFN.
La Cour des Comptes est également appelée à publier officiellement le rapport complet de son audit, afin que la vérité soit connue et que les responsabilités soient établies dans le respect des lo
is de la République.
RM